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La publicité pour les livres à la TV, bonne ou mauvaise idée ?

Alors qu’une étude récente a mis en avant le déclin de la lecture auprès des jeunes, l’urgence à promouvoir les livres s’est enclenchée. Depuis le mois d’avril, la ministre de la Culture a autorisé par décret la publicité pour les livres à la télévision à titre expérimental et ce pour une durée de deux ans.

Traditionnellement, la publicité pour les livres a principalement lieu dans les médias imprimés, en ligne et dans les librairies. Alors que les éditeurs cherchent à s’adapter aux nouvelles tendances médiatiques et à atteindre un public plus large, la publicité télévisée voudrait jouer un rôle de plus en plus important dans la promotion et la valorisation de la lecture dans la société contemporaine.

En effet, les annonces télévisées pour les livres présentent souvent des extraits, des critiques élogieuses et des mises en scène pour captiver l’attention des téléspectateurs et susciter leur intérêt pour la lecture. Elle offre une visibilité accrue et un potentiel d’atteindre un large public, y compris ceux qui ne sont pas nécessairement des lecteurs assidus. De plus, les annonces télévisées peuvent être utilisées de manière stratégique pour promouvoir des best-sellers, des auteurs émergents.

Une décision contestée par les éditeurs (et pas seulement les plus petits) pour qui l’achat d’espaces publicitaires télévisuels est une hérésie. Le monde de l’édition ne permet pas de rentabiliser des campagnes promotionnelles aussi chères à produire et à diffuser.

Les grands noms tels que Madrigall et Editis affirment que cette publicité servira uniquement à promouvoir leurs auteurs déjà connus du grand public qui n’ont pas besoin de publicité pour vendre leur dernière parution, au détriment des auteurs émergents ou moins connus. Les annonces télévisées pour les livres sont coûteuses à produire et à diffuser. Par conséquent, les éditeurs pourraient être plus enclins à investir dans des publicités pour des auteurs dont ils sont sûrs qu’ils rapporteront un retour sur investissement élevé, souvent des auteurs déjà établis dont les livres se vendent bien. Il faudrait que certains éditeurs choisissent d’inclure des extraits de nouveaux auteurs prometteurs dans leurs publicités pour attirer l’attention des téléspectateurs sur des voix littéraires fraîches et innovantes

 Un projet qui irait donc à l’encontre de la diversité.

Par ailleurs, les auteurs risquent de perdre une partie de leur contrôle sur la façon dont leurs œuvres sont présentées dans les publicités télévisées. Les extraits choisis, les critiques utilisées et la manière dont les livres sont mis en scène peuvent ne pas correspondre à la vision de l’auteur, ce qui peut entraîner une distorsion de l’intention originale de l’œuvre Certains auteurs craignent que la publicité télévisée ne réduise la perception de la littérature à un simple produit de consommation, mettant ainsi en péril la valeur artistique et intellectuelle de leurs œuvres. L’accent mis sur la commercialisation et la promotion peut parfois reléguer au second plan l’importance du contenu littéraire et de l’expression créative

Le seul éditeur qui pourrait y gagner est celui qui fait partie du groupe Bolloré, un groupe qui possède des agences de publicité et des chaines de télévision (*). Il pourrait alors amortir ces couts et mettre en avant des titres particuliers et par la même mettre en avant une certaine doctrine.

(*) Extrait de l’article Telerama d’Olivier Milot du 15/04/2024

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